Christine Dalnoky

Le parc de la Théols à Issoudun

 

Rien ne prédestinait ces petits jardins familiaux de la ville d’Issoudun à être fédérés dans un parc public. Rien, sinon l’intérêt et le caractère stratégique du site qu’ils occupaient.

Traversés par la Théols, petit cours d’eau que la commune souhaitait se réapproprier et mettre en valeur, ces terrains sont situés dans la ville basse à proximité [d’une] opération de 60 logements HLM, d’un nouvel équipement culturel [...] et, enfin, du pont Saint-Paterne, vestige médiéval de l’ancienne cité royale du Bas-Berry. Déclarant d’utilité publique ces 22 400 m2 inondables, expropriant les propriétaires de ces petits jardins potagers pour la plus part à l’abandon, la ville d’Issoudun y a créé un espace vert ouvert au public. La suppression du mur qui le ceinturait a permis d’ouvrir le site sur la ville et de créer ainsi un vide, une dilatation du tissu urbain. Devenu parc, il est à la fois un lien entre la ville haute et ses faubourgs et un équipement pour le quartier résidentiel voisin.

Lauréat du concours organisé en 1992, Michel Desvigne a choisi d’inscrire son intervention dans l’histoire du site. Pour éviter de le " banaliser ", il propose de conserver de façon formelle la trame parcellaire, en donnant une dimension nouvelle aux berges de la Théols. " Il fallait métamorphoser ces parcelles de jardins privés sans en perdre l’âme et créer un lieu d’échelle plus grande ", explique le paysagiste qui dit avoir travaillé davantage dans un esprit de substitution que de conservation. Il remplace les jardins utilitaires par des compositions ornementales. La principale est un grand carré posé à l’extrémité du terrain, dans le coude de la rivière. Planté en pleine terre conçu pour supporter une crue de la Théols, il est ceint d’un deck en bois qui forme ponton sur le cours d’eau. A l’intérieur, les iris sont plantés en bande, évoquant ainsi la trame parcellaire. [...]

Juliette Garnier (extrait de AMC / n°75 / novembre 1996)

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